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L'Union européenne durcit encore le ton face à l'Iran. Les Vingt-Sept ont décidé vendredi de convoquer les ambassadeurs iraniens sur leur territoire respectif en signe de protestation commune après l'interpellation de neuf employés de l'ambassade britannique à Téhéran, dont le Conseil des gardiens de la Constitution a annoncé qu'ils seraient traduits en justice.
Ces employés, qui font partie des neuf membres du personnel placés en détention le 27 juin, ont "fait des aveux", a affirmé le chef du Conseil des gardiens de la Constitution, l'ayatollah Ahmad Jannati, accusant de nouveau la Grande-Bretagne d'avoir encouragé les manifestations de contestation des résultats officiels de l'élection présidentielle du 12 juin.
"Dans ces événements, leur ambassade a été présente", a déclaré ce proche du Guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei. "Certaines personnes ont été arrêtées. C'est inévitable, elles seront jugées."
Face à cette situation, Londres avait proposé à ses partenaires européens de rappeler les 27 ambassadeurs de l'UE en poste à Téhéran, mais la présidence suédoise a préféré mettre en place une réponse graduée et a annoncé que les ambassadeurs iraniens dans les pays de l'UE seraient convoqués.
Dans un communiqué, le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt a estimé que "l'approche progressive (de l'UE) en direction de l'Iran fonctionnait", notant que sept des neuf employés interpellés avaient été remis en liberté par les autorités iraniennes. La situation sera toutefois réexaminée la semaine prochaine si les derniers employés ne sont pas relâchés d'ici là, a précisé M. Bildt.
A Londres, le ministre des Affaires étrangères David Miliband a déclaré que la Grande-Bretagne était "profondément préoccupée" par le sort des deux employés de l'ambassade toujours détenus à Téhéran. "Nous avons confiance dans le fait que nos employés ne se sont livrés à aucun comportement déplacé ou illégal", a-t-il ajouté dans un communiqué, précisant qu'il demanderait des éclaircissements à son homologue iranien Manouchehr Mottaki.
En visite officielle à Stockholm, le président Nicolas Sarkozy a exprimé vendredi le soutien de la France à la Grande-Bretagne. "Notre solidarité avec nos amis anglais est totale", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt. La France, a-t-il dit, a toujours voulu renforcer les sanctions contre Téhéran "afin que les dirigeants iraniens comprennent vraiment que la voie qu'ils ont choisie est sans issue".
De son côté, Fredrik Reinfeldt a défendu la réponse modérée choisie par son pays destinée, a-t-il expliqué, à éviter un plus grand isolement de l'Iran sur la scène mondiale. "C'est un appel à la liberté, un type de réaction qui ne doit pas se transformer en un conflit entre l'Iran et le reste du monde", a-t-il déclaré.
Le 27 juin, neuf employés iraniens de l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran ont été interpellés et placés en détention sous l'accusation d'avoir joué un "rôle important" dans le récent mouvement de protestation en Iran.
Mercredi, la télévision d'Etat avait rapporté que tous les employés interpellés avaient été remis en liberté à l'exception d'un d'entre eux, mais des responsables de l'Union européenne avaient affirmé que plusieurs d'entre eux restaient en détention.
Le Conseil des gardiens de la Constitution est un puissant organe contrôlé par les religieux, chargé notamment de superviser les élections et d'en valider les résultats. AP
jp/v/st
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