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actu & culture


NICOSIE - lundi 25 fevrier 2008 à 18h09

L'élection de Christofias réveille l'espoir d'un règlement de la question chypriote



Espoir d'une nouvelle ère à Chypre. L'élection d'un nouveau président laisse croire à la rouverture rapide du dossier de la réunification de l'île divisée: sans perdre de temps, la Commission européenne l'a exhorté lundi à reprendre sans délai les pourparlers avec les Chypriotes-turcs.

Dimitris Christofias, chef du parti communiste Akel, s'est engagé en ce sens, acceptant de rencontrer au plus vite le dirigeant de la RTCN (République turque de Chypre Nord, reconnue uniquement par Ankara), Mehmet Ali Talat.

Ce dernier s'est dit plein d'espoir, envisageant même un règlement d'ici la fin de l'année: "Je pense que ça ne sera pas une surprise si nous résolvons le problème d'ici la fin 2008", a déclaré Mehmet Ali Talat. "Les Chypriotes-grecs se sont décidés en faveur du changement. Ils ont choisi une personne qui peut effectuer ce changement", a-t-il ajouté: "Nous pensons que cette décision sera le départ d'une nouvelle ère".

S'il a reconnu que "le processus (...) allait être très difficile", Talat s'est dit "plus que content" d'avoir Christofias comme interlocuteur. Les deux hommes, tous deux partisans de la réunification, se connaissent: Talat dirigeait le Parti républicain turc (centre-gauche) avant d'être élu "président" de la RTCN en avril 2005.

Chypre est divisée depuis 1974 et l'invasion turque consécutive à une tentative de coup d'Etat téléguidé depuis Athènes. Depuis, le nord est occupé par l'armée d'Ankara qui y a envoyé de nombreux colons, et Nicosie est la dernière capitale d'Europe coupée en deux par un "mur".

Christofias a réaffirmé sa volonté lundi: "bien entendu, comme d'habitude, l'ONU sera impliquée, et je crois que nous organiserons bientôt une première rencontre exploratoire". Il a ajouté qu'aucune date n'avait été fixée, mais qu'il devait d'abord se rendre la semaine prochaine en visite officielle à Athènes, puis à Bruxelles, siège de l'Union européenne.

"Votre élection constitue une opportunité pour surmonter l'impasse qui dure depuis longtemps sur la question chypriote", a d'ailleurs déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso dans un communiqué, l'exhortant à "saisir cette occasion et à démarrer sans délai des négociations sous égide de l'ONU (...) sur un accord global".

Une réunification de Chypre, à tout le moins la détente entre le Nord et le Sud, permettrait de commencer à régler nombre de dossiers qui empoisonnent l'UE, et de lever l'un des principaux obstacles à la candidature turque. Elle permettrait en outre à Chypre de reconnaître l'indépendance du Kosovo, à laquelle Nicosie s'oppose jusqu'à présent, craignant les conséquences de ce précédent.

Même son de cloche du côté de Londres, ancienne puissance coloniale qui a toujours deux bases militaires à Chypre et joue dans le pays un rôle diplomatique de premier plan. Le Haut Commissaire britannique Peter Millett a rencontré Christofias lundi, l'assurant du "soutien indéfectible" de Londres pour "travailler à une solution chypriote".

Washington également a mis son poids dans la balance et considéré que l'élection de Christofias constituait une chance à saisir. En le félicitant, l'ambassade américaine à Nicosie a considéré que "2008 offre une fenêtre d'opportunité pour des progrès significatifs".

Dès son discours de victoire, Christofias avait "tendu la main de l'amitié à la population chypriote-turque et à ses dirigeants", remerciant Mehmet Ali Talat pour ses félicitations, et se disant impatient d'entamer une "coopération substantielle pour le bien des deux communautés".

Demetris Christofias a été élu dimanche avec un confortable 53,37% des voix devant le conservateur Ioannis Kasoulides, qui était lui aussi favorable à la reprise des pourparlers. Le scrutin semble donc marquer la fin de l'ère de l'intransigeance sur le dossier de la réunification, incarnée par le président sortant Tassos Papadoupoulos, qui avait été exclu dès le premier tour à la surprise générale.

Papadoupoulos en était arrivé, entre jusqu'au-boutisme et intransigeance, à incarner le gel de toute solution de la question chypriote. Il avait notamment été le principal architecte du "non" des électeurs chypriotes-grecs en 2004 au projet de règlement des Nations unies, accepté par le Nord. Après ce rejet, Chypre était entrée divisée dans l'UE, seul le Sud tirant les dividendes de l'adhésion. AP

nc/v




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