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Le nouveau Premier ministre pakistanais Yousaf Raza Gilani, un proche de l'opposante Benazir Bhutto assassinée en décembre, a prêté serment mardi devant le président Pervez Musharraf.
Au cours d'une brève cérémonie, Yousaf Raza Gilani, dont le futur gouvernement a promis de limiter les pouvoirs du président en place, a répété le serment d'entrée en fonction prononcé par M. Musharraf. Les deux hommes étaient assis côte à côte sur une tribune et flanqués de deux gardes en uniforme blanc et doré. A la fin de la cérémonie, des membres du Parti du peuple pakistanais (PPP) de M. Gilani ont chanté "Longue vie à Bhutto!".
Pervez Musharraf n'a montré aucune émotion pendant le serment mais a serré la main de M. Gilani et lui a parlé aimablement, alors qu'ils se dirigeaient vers le palais présidentiel. "Je félicite Yousaf Raza Gilani et je l'assure de mon entière coopération", a déclaré le chef de l'Etat à la télévision publique.
M. Gilani, qui va diriger le premier gouvernement civil après huit années de régime militaire, a appelé à l'unité nationale pour faire face aux difficultés, en particulier économiques, que traverse le pays. "Nous devons donner la suprématie au Parlement pour sortir ensemble le pays de ces crises", a-t-il déclaré.
Agé de 55 ans, M. Gilani, qui a passé cinq ans en prison à cause du gouvernement de Pervez Musharraf, devrait être suffisamment respecté pour assurer la cohésion de la nouvelle coalition dominée par le PPP de l'ex-Première ministre assassinée, et qui comprend aussi le Parti de la Ligue musulmane du Pakistan-N (PML-N) de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, renversé par le général Musharraf en 1999.
Les partenaires de la coalition issue des législatives de février veulent transférer le pouvoir de la présidence au Parlement et revoir la politique antiterroriste de Musharraf, précieux allié de Washington. De nombreux Pakistanais rejettent ce soutien à la politique américaine contre les talibans et Al-Qaïda, opèrant depuis le nord du Pakistan.
Mardi, le nouveau chef du gouvernement s'est entretenu par téléphone avec le président américain George W. Bush et lui a assuré que le Pakistan "poursuivrait la lutte contre le terrorisme". Le chef de la Maison Blanche a de son côté promis de renforcer l'"amitié" entre les Etats-Unis et le Pakistan, et invité M. Gilani à effectuer une visite en Amérique "au moment qui lui conviendra", selon le bureau du Premier ministre pakistanais.
M. Gilani a également reçu un appel de son homologue indien Manmohan Singh, qui l'a exhorté à renforcer les relations entre leurs deux pays.
Parallèlement, Le N°2 du département d'Etat américain John Negroponte et le secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie centrale et méridionale Richard Boucher sont arrivés mardi à Islamabad, la capitale du Pakistan, et se sont entretenus à tour de rôle avec MM. Gilani et Muharraf.
Une visite jugée peu appropriée par l'éditorialiste pakistanais du quotidien "Dawn", Zaffar Abbas, qui a déploré le message envoyé selon lui aux extrémistes et aux modérés: "voilà les Américains, ici à Islamabad, rencontrant les plus hauts responsables du nouveau gouvernement, pour tenter de leur dicter leurs conditions".
L'administration Bush a longtemps apporté un soutien sans faille à Pervez Musharraf, qui a déployé des troupes le long de la frontière avec l'Afghanistan et aidé à tuer ou capturer des leaders d'Al-Qaïda. Depuis les élections, Washington a toutefois pris des distances avec Islamabad. Le nouvel exécutif civil entend plutôt négocier avec certains groupes que de les combattre par la force.
Le changement politique a été inauguré dès l'élection du Premier ministre Gilani lundi au parlement par la libération des juges limogés et assignés à résidence par Pervez Musharraf lorsqu'il avait déclaré l'état d'urgence en novembre.
Mardi, une foule souvent porteuse de bouquets de fleurs se pressait devant le domicile de l'ex-président de la Cour suprême Iftikhar Mohammed Chaudhry, assigné à résidence à Islamabad pendant quatre mois. Le magistrat comptait s'adresser aux associations du barreau de tout le pays qui l'ont soutenu, selon l'avocat Aitzaz Ahsan, qui a mené les actions de protestation contre la répression de l'appareil judiciaire.
La promesse de la nouvelle majorité de rétablir les magistrats dans leurs fonctions, si elle est tenue, rendra encore plus difficile le maintien à la présidence de Pervez Msuharraf. AP
ljg/v228/st/cr/v437
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