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actu & culture


LE CAIRE - mercredi 26 mars 2008 à 17h11

Egypte: six mois de prison pour un journaliste


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Un journaliste égyptien a été condamné à six mois de prison mercredi pour avoir évoqué les problèmes de santé du président Hosni Moubarak, ce qui a provoqué n mouvement de panique sur les marchés financiers, selon une source judiciaire ayant requis l'anonymat.

Ibrahim Eissa, rédacteur en chef du quotidien "Al-Dustour", pourra éviter la prison en versant une caution de 200 livres égyptiennes (€25; US$40) pendant qu'il fera appel s'il le souhaite, a-t-on ajouté.

"L'état a été mis en danger", a estimé le juge Sherif Mustafa en lisant le jugement. Le journaliste a selon lui "rapporté des informations fausses sur la santé du président alors qu'il les savait fabriquées". Résultat, a poursuivi le magistrat: "des investisseurs ont retiré leur investissement du pays et la bourse s'est effondrée, ce qui a coûté à l'économie quelque 350 millions de dollars" (€225 millions).

Ibrahim Eissa, 42 ans, qui n'était pas présent au procès, a dénoncé un procès politique. "Est-ce un verdict judiciaire ou un verdict politique? Est-ce un avertissement aux journalistes pour qu'ils ne touchent pas au président, qu'ils n'écrivent rien sur lui?", s'est-il indigné dans un entretien à la chaîne panarabe Al-Jazira.

Amnesty International a de son côté condamné le verdict et appelé les autorités égyptiennes à accorder davantage de liberté aux médias.

L'affaire avait commencé en août avec la publication sur plusieurs jours d'articles spéculant sur l'état de santé du président, l'un d'eux mentionnant notamment que M. Moubarak, âgé de 79 ans, était tombé dans le coma.

Ni le chef de l'Etat ni les médias officiels égyptiens n'ont réagi et les rumeurs ont couru pendant plusieurs semaines avant qu'Hosni Moubarak apparaisse en photo et n'accorde un entretien à un média officiel. Plusieurs jours après, son épouse Suzanne a déclaré à la télévision qu'il se portait bien et que les journalistes affirmant le contraire devaient être sanctionnés.

Au pouvoir depuis 1981, Hosni Moubarak n'a pas désigné de successeur mais son fils Gamal apparaît comme son possible dauphin, au grand dam de l'opposition.

Ibrahim Eissa et son journal, très critique envers le gouvernement et à la parole très libre, n'en sont pas à leurs premiers démêlés avec le pouvoir. AP

st/v461




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