Rechercher iQuebec
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - mercredi 16 avril 2008 à 12h49

Crise alimentaire: "les solutions existent", dit Jacques Chirac



Face à la crise alimentaire dans le monde, Jacques Chirac appelle la communauté internationale à "assumer ses responsabilités". Dans une tribune que publie "Le Monde" daté de jeudi, l'ancien président français rappelle que les "solutions existent" et prône une "révolution des modes de pensée et d'action en matière de développement".

"Le monde est confronté au spectre des grandes famines alors même qu'il traverse une crise financière dangereuse", souligne Jacques Chirac, pour qui "cette conjonction des périls fait courir au monde un risque sans précédent".

"Sans mesures d'urgence et de fond nous assisterons à des émeutes de plus en plus violentes, à des mouvements migratoires de plus en plus incontrôlables, à des conflits de plus en plus meurtriers, à une instabilité politique croissante", prévient l'ancien chef d'Etat, qui préside une fondation portant son nom pour le dialogue des cultures et le développement durable. "Les ingrédients d'une crise majeure sont réunis et la situation peut se dégrader très vite", prévient-il.

Sur la question de l'urgence, il appelle le Conseil de sécurité des Nations unies "à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la déstabilisation des Etats les plus menacés". Et souhaite aussi qu'à l'instar de l'Europe et des Etats-Unis, les "autres grandes puissances", dont les "pays de l'OPEP qui tirent des rentes exceptionnelles de l'augmentation du prix du pétrole", aient "à coeur de prendre toute leur part de cet effort immédiat de solidarité".

Sur le plan structurel, "l'auto-suffisance alimentaire est le premier des défis à relever pour les pays en développement", note Jacques Chirac. L'agriculture vivrière doit être "encouragée" et "protégée, n'ayons pas peur des mots, contre une concurrence débridée des produits d'importation qui déstabilisent l'économie de ces pays et découragent les producteurs locaux".

L'ancien président recommande d'investir dans la recherche et "dans la formation et la diffusion des techniques agricoles", mais aussi de "miser sur les hommes, sur les producteurs locaux, qui doivent percevoir la juste rémunération de leurs efforts", avec "des règles équitables" pour les échanges.

Enfin, "il est vital de maintenir l'effort d'aide publique au développement et de respecter l'objectif de 0,7% du PIB" et de "dégager des ressources additionnelles par des financements innovants", insiste-t-il, citant le "succès" de la taxe sur les billets d'avion pour favoriser l'accès aux médicaments.

"Explorons par exemple, comme le suggère le Président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, dans le cadre de conversations avec les fonds souverains, comment orienter une partie de leurs moyens vers des investissements productifs en Afrique", souhaite Jacques Chirac. "Le prochain G8 pourrait utilement consacrer une séance de travail à l'examen de cette proposition".

"La contribution des financements innovants au développement des pays les plus pauvres sera une des priorités de ma Fondation", conclut-il, estimant que "face au caractère inédit de la crise que nous vivons, la communauté internationale n'a d'autres choix que celui de l'imagination et de la solidarité". AP

sb/com/nc




Rechercher #iQuebec#