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actu & culture


TUNIS - mercredi 30 avril 2008 à 17h34

Sarkozy salue de nouveau les progrès de la Tunisie en matière de liberté et de tolérance


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Nicolas Sarkozy persiste et signe. Au dernier jour de sa visite d'Etat en Tunisie, le président français a souligné une nouvelle fois les progrès réalisés par ce pays dans les domaines des droits humains et de la tolérance, en dépit des menaces des "fondamentalismes, des obscurantismes et des fanatismes".

"Tout n'est pas parfait en Tunisie certes, tout n'est pas parfait en France aussi. Beaucoup de choses restent à accomplir ou à améliorer. Mais quel pays peut s'enorgueillir d'avoir avancé autant en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison?", a-t-il relevé mercredi dans un discours à l'INSAT de Tunis.

Dans cette Tunisie, devenue selon lui le "laboratoire d'une civilisation arabo-musulmane ouverte et respectant son identité", il aussi cité l'émancipation de la femme et la "constitution d'une vaste classe moyenne, l'émergence d'une élite intellectuelle, scientifique et technique dont la compétence est reconnue dans le monde entier".

"Dans un monde où la barbarie de nouveau fait peser sur chacun de nous une menace mortelle, la civilisation est une fois de plus un combat", a analysé Nicolas Sarkozy qui a assuré que "dans ce combat, la France sera aux côtés de la Tunisie".

"Je voudrais que chacun qui regarde la Tunisie et qu'il la juge garde toujours présent à l'esprit l'importance de ce qui se joue ici", a-t-il insisté.

Peu après son arrivée lundi à Tunis, le président français avait jugé que "l'espace des libertés progresse" et relevé "des signaux encourageants" dans ce sens, qui "s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus".

"Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur", avait-il plaidé en s'interdisant de s'ériger en "donneur de leçons".

Ces propos avaient été mal accueillis par nombre de défenseurs des droits humains. Le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), Mokhtar Trifi, s'est ainsi déclaré "un peu déçu" au sortir d'une entrevue avec la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, qui accompagnait le président Sarkozy à Tunis.

Selon lui, "la situation ne s'est pas améliorée" en Tunisie en matière de libertés et de droits de l'Homme.

"J'ai dit à Mme Rama Yade qu'on compte sur l'amitié de la France pour que cette situation s'améliore et que ce ne soit pas seulement des effets d'annonce, ce qui est le cas actuellement", a-t-il dit à la presse, espérant que "les promesses faites par le gouvernement tunisien devant les instances internationales soient tenues".

La présidente de l'association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Khadija Chérif, dont le rendez-vous avec Rama Yade a été annulé pour des "raisons de calendrier", s'est dite également "déçue" par les déclarations de Nicolas Sarkozy.

"Il ne s'agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité", a-t-elle déploré, accusant le président français d'avoir pour "priorité le commerce".

Avant son départ de Tunis, Rama Yade a reçu deux représentantes d'ONG opérant en Tunisie ainsi que deux membres de la LTDH, dont l'avocat Chédli Ben Younès, opposés par un différend à l'actuel comité directeur présidé par Me Trifi. AP

bb/tl




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