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PRETORIA, Afrique du Sud - samedi 10 mai 2008 à 22h00

Zimbabwe: le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai accepte d'aller au second tour


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Le chef de l'opposition au Zimbabwe Morgan Tsvangirai a annoncé samedi à Pretoria qu'il participerait au second tour de la présidentielle. S'il a une nouvelle fois estimé l'avoir emporté dès le premier tour le 29 mars devant le chef d'Etat sortant Robert Mugabe, il a jugé que ses partisans se sentiraient "trahis" s'il ne se représentait pas.

M. Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avait revendiqué la victoire dès le premier tour, avec 50,3% des suffrages, accusant Robert Mugabe de recourir à la violence et l'intimidation pour s'accrocher au pouvoir. Depuis le vote du 29 mars, la communauté internationale appelait les autorités zimbabwéennes à diffuser les résultats et à faire respecter l'Etat de droit.

Selon les résultats finalement communiqués le 2 mai par la commission électorale, Morgan Tsvangirai a obtenu 47,9% des voix lors du premier tour, contre 43,2% à Robert Mugabe. Le parti présidentiel, la ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique), a par ailleurs perdu les élections législatives pour la première fois depuis l'indépendance en 1980. Le MDC estime que les résultats officiels du premier tour ont été manipulés pour permettre à Robert Mugabe de disputer un second tour, auquel M. Tsvangirai n'a cependant pas exclu de participer.

"Je suis prêt et le peuple est prêt pour le tour final. Je regagnerai le Zimbabwe pour entamer une tournée de la victoire", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse à Pretoria, en présence de hauts dirigeants du MDC. M. Tsvangirai et les principaux responsables de l'opposition séjournent en Afrique du Sud depuis fin mars, en raison des violences au Zimbabwe et pour tenter de rallier des soutiens.

"J'ai l'intention de rentrer le plus rapidement possible" au Zimbabwe, a ajouté le chef du MDC, sans fournir de plus amples précisions. Les organisations de défense des droits de l'homme et les observateurs doutent de la possibilité d'organiser un second tour libre et équitable, en raison des violences et menaces visant l'opposition depuis le 29 mars.

Tapiwa Mudiwa, un militant du MDC dans la capitale zimbabwéenne Harare, se dit ainsi sceptique. "Comment allons nous faire campagne comme partisans du MDC? Nous ne pouvons pas porter des T-shirts du MDC. On a peur de ne même pas pouvoir assister aux rassemblements. Des voitures sont brûlées", explique cet homme de 26 ans. D'après la fédération des médecins du Zimbabwe pour les droits de l'homme, 22 personnes ont été tuées et 900 ont subi des tortures depuis le 29 mars.

Morgan Tsvangirai s'est dit conscient des risques, mais a souligné que ses discussions avec de nombreux Zimbabwéens de divers horizons l'avaient convaincu d'aller au second tour. "Ils disent qu'en tant que nation, nous sommes assez courageux, forts et en colère pour affronter une nouvelle élection. Un deuxième tour pourrait finalement renverser le dictateur pour de bon", a-t-il ajouté.

Aucune date n'a été fixée pour cette consultation. Le chef de l'opposition estime qu'elle doit se dérouler dans un délai de trois semaines suivant l'annonce le 2 mai des résultats officiels du premier tour. Mais des responsables du gouvernement ont fait savoir que la commission électorale disposait d'un an pour organiser le scrutin.

M. Tsvangirai souhaite que les observateurs internationaux et la presse aient libre accès aux bureaux de vote, que le scrutin se déroule sous la supervision d'observateurs internationaux et qu'une nouvelle commission électorale soit mise en place pour le deuxième tour. "Ce sont les conditions idéales", a-t-il dit, "mais nous avons décidé de participer" au second tour.

Il a estimé que les violences, destinées à "décimer" la machine électorale du MDC, ont eu "certains effets" sans toutefois paralyser le parti. "Nous allons nous assurer de faire les préparatifs nécessaires pour surmonter ces obstacles", a ajouté le chef de l'opposition. AP

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