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Le navire de la Marine française le "Mistral" approchait samedi des côtes de la Birmanie mais attendait toujours l'autorisation de la junte militaire pour accoster et décharger sa cargaison d'aide aux rescapés du cyclone Nargis.
Le ministère de la Défense a indiqué que "le 'Mistral' navigue au sud du delta de l'Irrawady, à l'extérieur des eaux territoriales birmanes d'une largeur de douze miles nautiques (22 kilomètres)" depuis samedi 4h locales (23h30 heure de Paris).
Dans un communiqué, le ministère précise que le bâtiment de projection et de commandement est "chargé de 1.000 tonnes de fret humanitaire permettant de nourrir 100.000 personnes pendant 15 jours et de fournir un abri à 60.000 sinistrés".
Dans le détail, le "Mistral" transporte 400 tonnes de riz et des ustensiles pour le cuisiner, 10.000 jerricans d'eau potable, 400.000 tablettes de dépollution d'eau, 20.000 tentes de protection et 10.000 moustiquaires, ainsi que des médicaments de première urgence, a précisé le commandant Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées, joint au téléphone par l'Associated Press.
Le navire a également à son bord des hélicoptères légers, qui ne serviraient pas pour livrer de l'aide, ainsi que deux barges qui pourraient être utilisées pour acheminer la cargaison sur les côtes, selon le commandant Prazuck.
L'équipage est composé d'environ 360 personnes, dont cinq médecins, a expliqué à l'AP le contre-amiral Alain Hinden, commandant du "Mistral", qui a déclaré que le navire "peut rester de jours ou des semaines" dans les eaux birmanes en attendant le feu vert de la junte militaire. "On est en train de patrouiller sur place en attendant l'autorisation", a-t-il ajouté.
"Les modalités de délivrance de cette aide ne sont pas encore définies. Elles font l'objet de négociations avec les autorités birmanes", a souligné le ministère de la Défense dans son communiqué, alors que la junte birmane refuse toujours l'accès à son territoire aux secouristes étrangers.
Vendredi soir, l'ambassadeur français aux Nations unies Jean-Maurice Ripert a déclaré que "le gouvernement de Birmanie (avait) refusé" jusque-là d'autoriser le "Mistral" à livrer sa cargaison. La junte a proposé d'acheminer le matériel par voie aérienne.
Jean-Maurice Ripert a prévenu que le refus des généraux de laisser passer l'aide étrangère "pourrait conduire à un véritable crime contre l'humanité". "Nous avons des barges qui pourraient nous permettre de passer par le delta (de l'Irrawaddy, la région la plus durement touchée, NDLR) jusqu'à la plupart des régions auxquelles personne n'a encore eu accès", a-t-il expliqué. "Nous avons des hélicoptères légers pour larguer de la nourriture, et nous avons des docteurs." AP
jp/v73-com-fz/st/nc
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