Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
C'est un nouveau moment "historique" pour le président Fatmir Sejdiu: après neuf ans d'administration onusienne, le gouvernement de Pristina est désormais lancé sur la voie de la pleine souveraineté à la faveur de l'entrée en vigueur dimanche de la Constitution du Kosovo.
Ce texte -entré en vigueur quatre mois après la proclamation d'indépendance de l'ancienne province serbe- laisse le gouvernement seul maître des décisions, mais menace dans le même temps d'aggraver les tensions ethniques entre les albanophones et la minorité serbe.
Une courte cérémonie a été organisée à Pristina dimanche soir, où le nouvel hymne récemment approuvé du Kosovo, sans parole, a été joué en ouverture. Le Premier ministre Hachim Thaci a déclaré aux dignitaires locaux et représentants internationaux présents que cette constitution entrait en vigueur après des années "de difficultés et de sacrifice".
"Aujourd'hui, le rêve du peuple de la République du Kosovo s'est réalisé", a-t-il ajouté.
Alors que Belgrade considère toujours le territoire comme une province serbe, le ministre serbe pour le Kosovo Slobodan Samardzic avait lui choisi de se rendre dans la ville divisée de Mitrovica (nord). Il devait y promettre une assemblée pour le nord du pays sous domination serbe, ce qui rapprocherait le Kosovo d'une partition suivant des critères ethniques.
Les Serbes -qui représentent moins de 5% des deux millions d'habitants du Kosovo- s'opposent fortement à la décision prise par les dirigeants albanophones de déclarer leur indépendance à l'égard de la Serbie, le 17 février dernier, après l'échec des discussions sous la médiation de l'ONU l'an dernier.
Les Etats-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne et une quarantaine d'autres pays ont reconnu l'indépendance du Kosovo. A l'inverse, la Russie, alliée de la Serbie, et d'autres Etats l'ont jugée illégale au regard du droit international. Belgrade estime de son côté que le Kosovo fait toujours partie intégrante de son territoire.
"La Serbie considère le Kosovo comme sa province méridionale", a ainsi déclaré dimanche le président serbe Boris Tadic. "Elle défendra son intégrité par des moyens pacifiques, en usant de la diplomatie sans recourir à la force".
Il a ajouté que son gouvernement insisterait pour que se tienne une nouvelle phase de pourparlers sur le Kosovo sous médiation internationale. "Cela sera notre stratégie et notre réponse à la proclamation d'un Etat illégal au Kosovo", a-t-il dit à Belgrade.
Pour le président du Kosovo Fatmir Sejdiu, l'entrée en vigueur de la Constitution représente l'événement le plus important depuis la déclaration d'indépendance. Elle "marque la clôture du cycle" durant lequel le Kosovo est devenu un Etat, a-t-il confié aux journalistes après avoir reçu le texte de la Constitution des mains du président de l'Assemblée Jakup Krasniqi.
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a quant à lui qualifié la Constitution du Kosovo de "nouveau pas important" vers un "avenir démocratique, multiethnique et européen", "loin du conflit".
L'Union européenne a prévu l'envoi d'une mission de supervision pour prendre la relève de l'administration de l'ONU, qui a pris ses fonctions après les frappes de l'OTAN de 1999 destinées à mettre fin à la répression yougoslave contre les séparatistes albanophones.
La Russie a cependant empêché l'UE d'endosser ce rôle, contraignant les Nations unies à rester en charge des secteurs serbes tout en remettant progressivement des zones à des policiers, juges et conseillers de l'UE. Pour Moscou, la mission de l'UE (EULEX) forte de 2.200 personnes est illégale car elle n'a pas été approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Sur fond de craintes d'une propagation des tensions au reste des Balkans, l'OTAN a envoyé 600 soldats britanniques supplémentaires dans le nord du Kosovo pour épauler les 16.000 militaires de la KFOR, la force de l'Alliance atlantique chargée du maintien de la paix. AP
cr/v/sb/jp/v
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|