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Après trois mois de protestations des agriculteurs argentins contre la hausse de la taxe sur les exportations, la présidente argentine Cristina Fernandez a accédé mardi soir à une de leurs demandes, en acceptant de soumettre cette mesure au vote du Congrès.
Les producteurs agricoles ont salué cette annonce, tout en précisant que les barrages routiers et la suspension des exportations de céréales resteraient en place jusqu'à mercredi soir.
Ce long mouvement a paralysé la grande distribution, aggravant encore la forte hausse des prix, ainsi que le secteur des exportations agricoles, très porteur pour l'Argentine.
Les agriculteurs protestent depuis mars contre un décret présidentiel augmentant la taxe sur les exportations de céréales de plus de 10%, mesure visant à redistribuer aux Argentins modestes les profits engrangés grâce à la hausse des prix alimentaires.
Mme Fernandez a finalement accepté de soumettre la mesure au Congrès, où ses partisans du Parti justicialiste (péroniste) contrôlent les deux chambres, estimant qu'un débat parlementaire donnerait "plus de soutien démocratique" à cette hausse fiscale.
"Si une décision de cette présidente (...) n'est pas assez, je vais envoyer cette proposition au Congrès pour qu'ils puissent également se prononcer sur le sujet", a-t-elle déclaré lors d'une allocution télévisée mardi.
Les deux chambres devront voter la mesure pour qu'elle soit adoptée, et la nouvelle taxe restera en place jusqu'au vote.
Se félicitant de la décision de Mme Fernandez, les organisations agricoles craignaient cependant que l'examen de la proposition ne se traduise pas par un vrai débat, donnant simplement lieu à une confirmation de la volonté présidentielle.
"Nous voulons qu'elle soit débattue, pas seulement ratifiée", a déclaré Mario Llambias, président de la Confédération rurale argentine. Les leaders du mouvement devaient se rencontrer mercredi pour décider de la marche à suivre.
Mais d'ores et déjà, ils devraient se lancer dans un offensive de lobbying afin de convaincre un maximum de parlementaires de voter contre la hausse de la taxe sur les exportants céréalières, selon un des organisateurs, Alfredo Angeli.
Les producteurs agricoles soutiennent que la taxe met en péril leur activité car ils sont obligés de réinvestir leurs profits pour augmenter la production, afin de faire face à une demande en hausse, elle aussi. Pendant près de 100 jours, les agriculteurs ont organisé des barrages routiers qui ont fini par causer des problèmes de ravitaillement.
Lundi encore, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour exiger, à coups de concerts de casseroles, une reprises des négociations avec le gouvernement, après plusieurs tentatives infructueuses.
La présidente Fernandez, dénonçant le "corporatisme" des agriculteurs, a de son côté demandé à ses partisans de manifester mercredi en faveur de la hausse de la taxe, un appel critiqué par plusieurs gouverneurs et par le maire de Buenos Aires, Maurcio Macri, qui a parlé de "provocation" inutile.
L'Argentine est le troisième exportateur de soja et de maïs du monde, et le plus grand exportateur d'huiles et de farine de soja. Après cinq années de forte croissance économique (plus de 8%), due largement aux exportations céréalières, le pays a surmonté la dramatique crise économique survenue à la fin des années 1990. AP
mgh/v80/nc
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