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actu & culture


PARIS - samedi 28 juin 2008 à 23h42

L'opposition iranienne manifeste en banlieue parisienne


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Des dizaines de milliers d'expatriés iraniens et sympathisants de leur cause ont manifesté samedi à Villepinte (Seine-Saint-Denis), dans la banlieue parisienne, pour demander à l'Union européenne et aux Etats-Unis de retirer le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) de la liste des organisations terroristes.

La présidente du CNRI basé à Auvers-sur-Oise, Maryam Rajavi, a estimé lors d'un long discours qu'il était "injuste" de maintenir cette mesure à l'encontre du CNRI, dont la principale composante est l'Organisation des moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI, branche militaire du CNRI). Cette mesure gêne selon elle l'OMPI dans sa lutte contre le régime iranien.

"Ne privez pas le monde du moyen le plus efficace de combattre le fascisme et le terrorisme religieux. Rangez-vous du côté de ceux qui peuvent apporter la liberté au peuple iranien", a lancé Mme Rajavi.

L'OMPI assure avoir renoncé à la violence depuis 2001. Les organisateurs ont affirmé avoir réuni plus de 70.000 manifestants venus de pays voisins mais aussi d'Irak, d'autres pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, ainsi que des Etats-Unis et du Canada.

Lundi dernier, les députés britanniques ont rayé l'OMPI de liste des groupes terroristes interdits, ce qui devrait lui donner davantage de liberté d'organisation et de collecte de fonds au Royaume-Uni. L'ancien ministre de l'Intérieur David Waddington, l'un des partisans de la réhabilitation de l'OMPI, participait d'ailleurs au rassemblement de Villepinte avec 14 de ses collègues députés.

L'OMPI a participé à la révolution islamique en Iran en 1979 mais s'est ensuite opposé à la direction religieuse du pays. Ses membres se sont réfugiés en Irak pour poursuivre la lutte au début des années 1980, jusqu'à ce que les Etats-Unis envahissent l'Irak en 2003. Les forces américaines ont depuis désarmé des milliers de militants de l'OMPI.

Deux informations judiciaires visent l'OMPI en France, l'une ouverte 2007 pour l'assassinat en 1999 d'un général iranien à Téhéran, action revendiquée de Paris par les Moudjahidine, et l'autre, ouverte en 2004 à la suite d'une plainte d'une iranienne blessée dans un attentat commis à Téhéran en 2000 et revendiqué par l'organisation.

Depuis 2001, l'OMPI fait l'objet d'une enquête de la part de la justice française, pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", élargie ensuite à des faits de "financement de terrorisme", puis d'"escroquerie". Près de 170 personnes avaient été arrêtées en juin 2003 dans un vaste coup de filet contre l'OMPI mais seules 17, dont Maryam Radjavi, avaient été mises en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "financement de terrorisme". Le contrôle judiciaire visant ces 17 personnes a par la suite été levé. AP

st/v-div




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