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actu & culture


MOSCOU - dimanche 06 juillet 2008 à 14h30

Les débuts du président russe sur la scène internationale du G-8 scrutés par les kremlinologues


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Les grands débuts de Vladimir Medvedev sur la scène internationale, lors du sommet du G-8 qui s'ouvre lundi sur l'île d'Hokkaïdo au Japon, auront lieu sous le regard attentif des kremlinologues soucieux de décrypter la réalité du pouvoir russe, et de savoir si le nouveau président s'est ou non affranchi de la tutelle de son prédécesseur et mentor Vladimir Poutine.

A l'affût des moindres signes, les observateurs remarquent que M. Medvedev se rend seul au sommet, relisent ses récentes interviews, font le bilan du récent sommet entre l'Union européenne et la Russie. Ce président, se disent-ils, pourrait être plus influent que prévu, tout en sachant que Vladimir Poutine reste présent dans l'ombre.

Le sommet des pays les plus industrialisés sera un "test sérieux de la maturité (de Medvedev), de sa capacité de jouer le rôle d'un leader russe à un haut niveau international", résume Nikolaï Petrov, un expert du Centre Carnegie de Moscou.

"Le simple fait de faire souvent mention du président dans un contexte international fera son affaire: chacun sera habitué au fait que le principal interlocuteur en matière de politique étrangère, c'est lui et non Poutine", ajoute Fiodor Loukianov, chef de la rubrique Russie de la revue "Global Affairs".

Dans un entretien à des journalistes des pays du G-8 publié jeudi, M. Medvedev a tenu à souligner que lui seul est désormais aux commandes. Il a rendu hommage à Vladimir Poutine, "homme d'expérience, homme politique très populaire" à qui il peut demander conseil. "Mais en dernier ressort, on doit prendre la décision soi-même. Et si c'est une mauvaise décision, on doit en répondre soi-même".

Lors du récent sommet UE-Russie, Medvedev a "clairement voulu donner l'impression qu'il était le tsar en matière de politique étrangère. Et fondamentalement, Poutine est largement d'accord", analyse Dimitri Trenine du Centre Carnegie de Moscou.

Nikolaï Petrov met, lui, en garde ceux qui seraient tentés de considérer Dimitri Medvedev comme un dirigeant plus souple et pro-occidental que son prédécesseur. "En termes de génération, de style et de profil, Medvedev diffère de Poutine et se rapproche probablement des dirigeants occidentaux, il est plus facile pour lui de parler le même langage. Mais sur le fond, je pense qu'il n'y a pas lieu de s'attendre à un assouplissement des positions du Kremlin", précise M. Petrov.

"Il est absolument évident que notre politique étrangère sera (...) aussi orientée vers la protection des intérêts de la Russie que sous mon prédécesseur", a confirmé M. Medvedev lors d'un entretien accordé le 3 juillet à des journalistes japonais.

Pour certains analystes comme Fiodor Loukianov, Dimitri Medvedev, pour montrer la mesure véritable de son pouvoir, doit marquer une vraie rupture sur certains dossiers, en libérant par exemple l'ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski incarcéré en Sibérie ou en réinstituant l'élection directe des gouverneurs russes.

Dimitri Medvedev, estime par ailleurs M. Loukianov, ne devrait pas prendre d'initiatives majeures durant le sommet du G-8, notamment dans le domaine des relations avec les Etats-Unis. "Pour la Russie, avoir des conversations sérieuses avec Bush est maintenant sans objet. Tout le monde attend maintenant la prochaine administration", conclut-il. AP

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