Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PEKIN - vendredi 11 juillet 2008 à 15h38

A un mois des JO, Pékin fait taire les voix indésirables


Agrandir l'image

Militants faisant campagne contre le sida ou l'hépatite, vagabonds: à un mois du début des Jeux Olympiques, le gouvernement chinois fait taire tous ceux perçus comme indésirables et considérés comme une menace potentielle pour le bon déroulement des jeux.

Lu Jun est l'un d'entre eux. Son site Internet défendant les droits de millions de Chinois atteints de l'hépatite B a été fermé en mai. En juillet, il a été retenu pendant quatre heures par la police à son retour de Los Angeles, où il assistait à une conférence sur l'hépatite.

Les policiers, explique-t-il, voulaient savoir ce qu'il comptait faire avec le grand drapeau rouge trouvé sur lui, appelant les pouvoirs publics chinois à agir contre la maladie. Son site web récemment fermé revendiquait quelque 300.000 membres. "Le site parle de la discrimination" dont sont victimes les malades "et les gens critiquent le gouvernement. Ce sont des choses négatives et ils ne veulent pas perdre la face pendant les Jeux", analyse Lu.

Wang Lijun, 37 ans, est lui venu avec une quarantaine d'autres personnes de plusieurs endroits du pays, afin de demander l'intervention du pouvoir central dans diverses affaires locales. Certains ont été interpellés par la police et parfois renvoyés directement chez eux, témoigne-t-il.

Originaire de la province de Shanxi dans le nord de la Chine, Wang s'est déjà rendu à de nombreuses reprises à Pékin, pour tenter de toucher les pensions dues à son père, ancien combattant de la deuxième guerre mondiale et de la guerre de Corée, qualifié par la suite de "criminel politique". Au cours des derniers mois, poursuit Wang, les autorités lui ont explicitement demandé à deux reprises de ne pas se déplacer à Pékin, en raison des JO.

Il a passé outre cette interdiction, mais "maintenant, je ne peux plus aller à l'hôtel. Je dois vivre dans les rues parce que si jamais j'enregistre mon nom, la police me mettra dehors". La pression policière croissante incite certains militants à quitter Pékin, tandis que d'autres ont reçu l'ordre de partir, confirme Sara Davis d'Asia Catalyst, une organisation de défense des droits de l'homme.

Wan Yanai, pionnier du militantisme pour les droits des malades du sida, ne restera pas à Pékin pendant les Jeux, du 8 au 24 août. Depuis fin mai, explique-t-il, la police le suit régulièrement, parfois 24h sur 24. Plusieurs dizaines de militants ont été assignés à résidence ou placés sous surveillance, ajoute Wan. "Les gens, cette année, font très attention, et sont peu nombreux à organiser des activités importantes", dit-il, en notant que deux sites internet et des forums consacrés au sida ont été fermés.

Selon Zhang Shihe, qui tient un blog largement consacré aux conditions de vie des travailleurs migrants à Pékin, les autorités de la capitale ont invité hôteliers et habitants à ne pas héberger de personnes en provenance du Tibet, de Mongolie Intérieure et du Xinjiang, province de l'ouest où vit une importante communauté musulmane.

Mendiants et vagabonds ne sont pas non plus les bienvenus. Liu Qi, secrétaire du Parti communiste chinois à Pékin et président du Comité d'organisation des JO, avait clairement annoncé dès janvier 2008 qu'ils seraient évacués de la capitale chinoise. AP

ll/v0061/nc




Rechercher #iQuebec#