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La Chine s'est déclarée mardi "gravement préoccupée" par la demande de mandat d'arrêt à l'encontre du président soudanais Omar el-Béchir pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour, formulée la veille par le procureur de la Cour pénale internationale.
Luis Moreno-Ocampo a demandé à trois juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais accusé de génocide afin d'éviter que quelque 2,5 millions de personnes déplacées par le conflit au Darfour (ouest du Soudan) et toujours soumises aux attaques des miliciens arabes Janjawid soutenus par le gouvernement, ne meurent à leur tour. La décision ne devrait être rendue avant plusieurs mois.
"Le génocide est un crime d'intention, nous n'avons pas besoin d'attendre que meurent ces 2,5 millions de personnes", a déclaré le procureur dans un entretien à l'Associated Press. "Le génocide est en cours", a-t-il ajouté, soulignant que le viol systématique en était un élément-clé.
"La Chine exprime ses graves préoccupations et son inquiétude à propos des accusations du procureur de la CPI contre les dirigeants soudanais", a déclaré mardi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao.
"La décision de la CPI doit contribuer à sauvegarder la stabilité de la situation au Soudan et à une solution appropriée pour la région du Darfour, plutôt que le contraire", a fait valoir M. Liu au cours d'un point de presse. La Chine, qui achète deux-tiers des exportations de pétrole soudanais, s'est vue reprocher de ne pas avoir utilisé cette arme économique pour faire pression sur le gouvernement soudanais. Par ailleurs, un émissaire de la Ligue Arabe, le diplomate égyptien Salah Halima, a déploré la décision du CPI, estimant que cette instance a outrepassé ses droits.
Quelque 300.000 personnes, selon les estimations, sont mortes au Darfour depuis février 2003, lorsque le conflit larvé entre les populations noires sédentaires et les nomades arabes a éclaté, avec l'apparition d'une rébellion armée contre le gouvernement de Khartoum. Ce dernier est accusé de soutenir les milices arabes, les janjawids. AP
ll/v2460
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