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actu & culture


BOSTON - mardi 29 aout 2006 à 14h32

Les survivants de Katrina moins enclins au suicide qu'avant, selon une étude



Les survivants du passage de l'ouragan Katrina, qui a dévasté la côte Sud des Etats-Unis il y a un an, sont traumatisés mais pas désespérés. Ils se sentent même plus forts et sont nettement moins nombreux qu'avant à songer au suicide, selon une nouvelle étude qui suggère que le désastre pourrait avoir un impact positif sur l'état d'esprit des habitants.

Dans les régions traversées par Katrina en août dernier, les maladies mentales sont presque deux fois plus nombreuses que la norme: elles concernent désormais 30% des habitants, perturbés par la catastrophe et les pertes matérielles qu'elle a entraînées, selon une enquête publiée lundi dans le bulletin électronique de l'Organisation mondiale de la Santé et par l'Institut national américain de la santé mentale, qui a financé l'étude.

Mais ceux qui font état de souffrances psychologiques sont beaucoup moins enclins à mettre fin à leur vie: seulement 1% ont confié avoir des pensées suicidaires. Dans cette région avant l'ouragan, 8% des personnes souffrant de troubles mentaux avaient eu de telles pensées et 4% avaient déjà élaboré des plans en vue de se suicider.

Cette proportion spectaculairement basse de suicidaires va de pair avec une confiance en soi renouvelée chez les survivants. Plus de 95% affirment se sentir plus à même de reconstruire leur vie si nécessaire et 70% se sentent plus forts intérieurement. Autant d'armes qui aident à lutter contre les idées morbides pour les personnes mentalement souffrantes, selon les chercheurs.

Cette étude vient étayer l'idée d'une "croissance post-traumatique", selon laquelle les difficultés rencontrées au cours de notre vie peuvent avoir des effets positifs sur notre psychologie.

"Il se passe beaucoup de choses pendant un événement traumatique", explique le Dr Matthew Friedman, qui dirige le Centre national du syndrome post-traumatique au ministère américain des Anciens combattants. "Vous pouvez avoir une forte hausse du stress psychologique ou des symptômes, mais en même temps, ça peut être un événement positif, susceptible de changer la vie."

Pourtant, il n'est pas certain que ce résultat positif soit durable. Les habitants, confrontés à une situation qui reste difficile un an après l'ouragan, pourraient finir par perdre espoir. "La situation pourrait dégénérer plusieurs mois après", craint Alan Green, un thérapeute qui a pris en charge plusieurs survivants.

Les chercheurs de l'équipe de Ronald Kessler, de l'université de Harvard, n'ont pas été en mesure d'établir si leur résultat s'est traduit par une baisse effective du nombre de suicides chez les survivants, qui sont trop éparpillés pour établir des statistiques fiables.

Leurs résultats ont également une marge d'erreur relativement élevée (4 points), en raison de la méthode employée: ils se basent sur les seules déclarations de 1.043 adultes qui se trouvaient dans la zone dévastée par Katrina, en Louisiane, en Alabama et dans le Mississippi, interrogés par téléphone. Une imprécision renforcée par le fait que seulement 42% des personnes contactées ont accepté de répondre. AP

Sur Internet:

Site de l'étude (université de Harvard):

http://www.hurricanekatrina.med.harvard.edu/index.php

Bulletin de l'Organisation mondiale de la santé:

http://www.who.int/bulletin/en/

lp/v0765/ir




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