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actu & culture


TEGUCIGALPA - dimanche 05 juillet 2009 à 06h57

Honduras: le président destitué confirme son retour dimanche, l'OEA suspend le pays


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Le président destitué du Honduras, Manuel Zelaya, s'apprêtait à rentrer dimanche dans son pays pour tenter d'y réintégrer ses fonctions après le coup d'Etat militaire qui l'a écarté du pouvoir et contraint à l'exil il y a une semaine.

Il a confirmé son retour samedi soir en dépit des possibilités de violences entre ses partisans et les forces du gouvernement intérimaire. Les nouvelles autorités l'ont en outre averti qu'il serait arrêté dès son arrivée et traduit en justice pour trahison.

M. Zelaya a appelé ses partisans à l'accueillir dans le calme et sans armes dimanche à l'aéroport de Tegucigalpa, la capitale hondurienne. Dès samedi, plus de 10.000 d'entre eux se sont rassemblés près de l'enceinte du palais présidentiel, affirmant être prêts pour le retour du président évincé.

"Nous allons nous présenter à l'aéroport international du Honduras à Tegucigalpa (...) et nous y serons dimanche", a déclaré le président Zelaya dans un message diffusé sur le site web de la chaîne internationale Telesur basée au Venezuela.

"Je demande à tous les fermiers, habitants, Indiens, jeunes, syndicalistes, chefs d'entreprises et amis de m'accompagner à mon retour au Honduras", avait-t-il déclaré auparavant. "N'apportez pas d'armes. Pratiquez la non-violence, comme je vous l'ai toujours préconisé. Laissez-les recourir à la violence et à la répression."

Dans une déclaration à une radio locale samedi soir, M. Zelaya a réaffirmé qu'il serait accompagné dimanche par la présidente argentine Cristina Kirchner et son homologue équatorien Rafael Correa ainsi que par plusieurs chefs de diplomatie et quelque 300 journalistes.

La Guatémaltèque Rigoberta Menchu, lauréate du prix Nobel de la paix pour son combat pour la cause indigène, prévoyait pour sa part de le rejoindre après son arrivée.

L'archevêque de Tegucigalpa, Mgr Oscar Andres Rodriguez, a quant à lui appelé le président destitué à ne pas rentrer, exprimant ses craintes de conflit civil. "Votre retour pourrait provoquer un bain de sang", a-t-il lancé, alors qu'un couvre-feu nocturne était décrété dans la capitale hondurienne.

Le Honduras, qui semble sombrer dans la crise et l'isolement, a rejeté les appels de la communauté internationale pour le rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions, malgré les efforts de l'Organisation des Etats américains (OEA), qui a finalement décidé de suspendre le pays.

La résolution prévoyant cette suspension immédiate a été approuvée par 33 Etats membres, seul le Honduras s'abstenant. L'OEA n'avait plus agi de la sorte depuis près de 20 ans.

Le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, a demandé à l'organisation régionale de sanctionner les putschistes honduriens, après avoir reconnu l'échec de sa mission à Tegucigalpa, où il a rencontré les dirigeants de la Cour suprême et du Congrès mais par le président intérimaire Roberto Micheletti, nouvel homme fort du pays.

"Il est très clair que le gouvernement de facto n'a pas la volonté de changer de conduite", a constaté M. Insulza lors de la réunion extraordinaire de l'OEA à Washington.

M. Zelaya, à la tête du pays depuis janvier 2006, a été expulsé dimanche dernier par l'armée pour avoir tenté d'organiser un référendum constitutionnel autorisant le chef de l'Etat à enchaîner deux mandats, un projet considéré comme illégal par la Cour suprême hondurienne. AP

tl/v80




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