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Nicolas Sarkozy et Gordon Brown tiennent lundi à Evian (Haute-Savoie) le sommet franco-britannique annuel, occasion de consolider l'entente désormais "formidable" entre Londres et Paris et de préparer ensemble le sommet du G-8 qui se tiendra en fin de semaine à L'Aquila (Italie). Seule ombre à ce tableau idyllique: le dossier de l'avion de transport européen A400M.
En mars 2008, la visite d'Etat du président français à Londres avait consacré la volonté des deux pays d'une "nouvelle fraternité", après les nombreux accrochages qui avaient marqué la cohabitation Blair-Chirac. Gordon Brown avait trouvé une formule pour dépoussiérer "l'entente cordiale" de 1904: "l'entente formidable".
Le sommet d'Evian sera l'occasion de passer aux travaux pratiques. Le président français et le Premier ministre britannique, accompagnés de 12 ministres des deux pays, exprimeront des analyses convergentes sur les sujets à l'ordre du jour du G-8: Iran, changement climatique, crise économique, réforme de la gouvernance mondiale....
Face à la crise, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown lanceront un appel commun en faveur d'une "ambition industrielle européenne", selon l'Elysée.
Sur les dossiers énergétiques, les deux dirigeants veulent "porter le débat" au G-8 sur la relance du nucléaire et le prix du pétrole. Paris et Londres feront des propositions face à la volatilité des prix du pétrole, revenus à près de 70 dollars le baril après avoir atteint un record de 147 dollars il y a un an et dégringolé jusqu'à 32,40 dollars le 19 décembre 2008. Les deux pays souhaitent que les pays producteurs et consommateurs s'entendent sur un "prix suffisant" pour rentabiliser les investissements des producteurs et ne pas casser la croissance au moment où cette dernière repartira.
Des déclarations conjointes sont prévues sur l'immigration, la coopération militaire et la défense. Sur le premier sujet, le texte doit prévoir un renforcement des patrouilles aux abords du tunnel sous la Manche pour lutter contre l'immigration clandestine, après la fermeture annoncée par le ministre français Eric Besson de la "jungle" de Calais, zone boisée qui abritait dans des conditions précaires et insalubres des centaines de migrants espérant rejoindre la Grande-Bretagne.
Le sujet qui fâche, celui de l'A400M, sera abordé. Alors que les ministres de la Défense des sept pays engagés dans le programme se sont donnés jusqu'à la fin juillet pour s'accorder sur les surcoûts liés au retard du projet d'avion de transport militaire européen, on veut croire à Paris que les Britanniques ne jetteront pas l'éponge. Seule certitude: "on n'arrivera pas dans les jours qui viennent à terminer le débat", reconnaît-on à l'Elysée, qui veut "donner du temps au temps". AP
egp/sb
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