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Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ont lancé lundi à l'occasion du sommet franco-britannique un appel conjoint aux paradis fiscaux pour qu'ils se mettent en conformité d'ici mars 2010 avec les nouvelles règles internationales sous peine de sanctions.
"Ceux qui imaginent qu'après la crise, ils pourront recommencer leurs petites affaires comme avant, on se mettra au travers. Nous n'accepterons pas qu'on revienne à la situation d'avant", a déclaré le président français lors d'un point presse avec le Premier ministre britannique.
A l'occasion de leur sommet annuel organisé à l'Hôtel Royal d'Evian, les dirigeants français et britannique, déjà en pointe sur ce sujet début avril lors du G-20 de Londres, ont souhaité que le troisième sommet sur la régulation financière réuni en septembre à Pittsburgh (Etats-Unis) soit aussi "ambitieux" que les deux premiers.
Les deux pays ont donc souhaité qu'un délai-limite soit fixé en mars 2010 aux paradis fiscaux afin qu'ils appliquent les nouvelles règles internationales, a expliqué Gordon Brown. Dans le cas contraire, le Premier ministre britannique a évoqué des sanctions pouvant aller jusqu'à imposer des taxes sur les fonds provenant des centres off-shore ou à supprimer des aides.
Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ont aussi affiché une convergence de vues sur l'ordre du jour du sommet du G-8, qui se tiendra de mercredi à vendredi à L'Aquila (Italie).
Paris et Londres "se battront" pour que le sommet marque une "très grande ambition" en matière de lutte contre le réchauffement climatique, dans la perspective du sommet de décembre à Copenhague, a insisté le président français. "Nous ne nous satisferons pas d'objectifs à très long terme", a prévenu M. Sarkozy, en se prévalant du soutien de Londres à la proposition française d'une organisation mondiale de l'environnement.
Les deux pays vont aussi publier une contribution commune sur la question de la volatilité du prix du pétrole. "Il n'est pas raisonnable de laisser les spéculateurs faire monter artificiellement les prix des énergies fossiles", a dit M. Sarkozy.
Ce sommet d'Evian a aussi été l'occasion pour le président français de réaffirmer sa "solidarité totale" avec la Grande-Bretagne après l'arrestation de neuf employés de l'ambassade britannique à Téhéran. "Le peuple iranien mérite mieux que les dirigeants d'aujourd'hui", a dit M. Sarkozy.
Dans cette affaire, "le régime iranien doit savoir que nous agirons avec nos partenaires européens", a prévenu Gordon Brown.
Sur le plan bilatéral, les deux ministres de l'Immigration, Eric Besson et Phil Woolas, ont signé un arrangement administratif pour renforcer la lutte contre l'immigration clandestine, après l'annonce de la fermeture de la "jungle" de Calais, zone boisée qui abritait dans des conditions précaires et insalubres des centaines de migrants espérant rejoindre la Grande-Bretagne.
Cet accord prévoit de réorganiser les contrôles, d'abord à Calais, puis dans les autres ports français de la Manche et de la mer du Nord, via un centre de coordination opérationnel conjoint et de nouvelles technologies de détection, selon un communiqué du ministère français. Les nouvelles dépenses seront prises en charge par le gouvernement britannique.
Au total, cette rencontre, à laquelle participaient 12 ministres des deux gouvernements, aura marqué la poursuite de la lune de miel entre les deux pays, ouverte en mars 2008 par la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy à Londres. "Nous pouvons parler d'entente formidable au soleil", a osé Gordon Brown en reprenant la formule utilisée il y a un an. AP
egp/div/tl
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