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Camouflet pour le président mexicain Felipe Calderon. Son Parti d'action nationale (PAN) a été largement devancé par l'opposition lors des législatives de mi-mandat. Donné pour mort en 2000, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a ressuscité dimanche, revenant ainsi sur la scène politique où il avait régné durant sept décennies.
Les électeurs semblent avoir sanctionné les échecs gouvernementaux en matière de lutte contre la criminalité et de relance économique.
Le PRI a recueilli environ 36% des suffrages, distançant de près de 10 points le PAN du président Calderon qui n'en obtient que 27%, selon les résultats préliminaires annoncés après le dépouillement de deux tiers des bulletins.
Arrivé au pouvoir en décembre 2006, Felipe Calderon a lancé une offensive nationale contre les cartels de la drogue mais la violence entre gangs de trafiquants continue et les cadavres s'empilent. Le Mexique est en outre durement touché par la crise économique; il devrait perdre 5,5% de PIB cette année. Autant d'épines dans le pied du président.
Evincé lors de la présidentielle de 2000, le PRI s'est de son côté refait une santé. Nombre de Mexicains pensaient qu'il n'était plus qu'un élément du passé; certains avaient même commencé à collectionner les emblèmes du parti comme des souvenirs historiques. Son slogan pour la dernière campagne semble avoir fonctionné: "PRI, une expérience avérée, une nouvelle attitude".
Les observateurs pensent que cette traversée du désert lui a été bénéfique, après son monopole du pouvoir de 1929 à 2000. "Le PRI aujourd'hui est un concept différent du PRI qui a gouverné pendant 70 ans. Ce PRI-là est mort en 2000", souligne l'analyste Maria de la Heras, qui travaille pour un institut de sondage. "La campagne n'a pas été conduite par la direction nationale du parti mais par les 17 gouverneurs d'Etats."
La présidente du PRI Beatriz Paredes s'est félicitée dimanche du score de son parti. "Ces résultats montrent que le Mexique est un pays qui veut des propositions, que le Mexique est un pays qui veut des solutions, que le Mexique est un pays qui ne tolérera pas les insultes", a-t-elle lancé, sourire aux lèvres.
Durant la campagne, le PAN a accusé le PRI de se montrer trop indulgent, voire complice, avec les trafiquants de drogue.
A la chambre basse, le PAN devrait perdre une bonne partie de ses 206 sièges, tandis que le PRI -qui en détient actuellement 106- devrait voir sa représentation doubler.
Le président Calderon a appelé à un consensus national. "La compétition est derrière nous. Nous devons maintenant concentrer nos efforts sur la recherche de consensus dont le pays a besoin pour recouvrer, dès que possible, croissance économique, création d'emplois et sécurité publique", a-t-il lancé. AP
v108/cb/tl
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