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actu & culture


ISLAMABAD - mardi 20 octobre 2009 à 19h34

Double attentat meurtrier à Islamabad sur fond d'offensive militaire au Sud-Waziristan


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Un double attentat-suicide a frappé mardi l'Université internationale islamique d'Islamabad, au quatrième jour de l'offensive militaire contre un bastion des talibans dans le nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane. Outre les deux kamikazes, quatre personnes ont été tuées et 18 autres blessées dans ces explosions qui faisaient suite à plusieurs avertissements des autorités contre des actions de représailles aux opérations de l'armée.

"Il semble que des sympathisants (militants) ou des collaborateurs" aient commis ces attentats "pour détourner l'attention de l'opération" lancée samedi au Sud-Waziristan, a déclaré le président de l'université, le Dr Anwar Hussain Siddiqui, à l'Associated Press. "Ils tentent de semer la panique dans la capitale".

Les deux kamikazes ont fait sauter leurs charges explosives dans un restaurant universitaire réservé aux étudiantes et dans un bâtiment abritant le département de droit islamique. Ces attentats quasi simultanés, non revendiqués, font suite à une série d'attaques sanglantes perpétrées ces dernières semaines au Pakistan. Ils interviennent aussi après une série de menaces de représailles après le déclenchement de l'offensive au Sud-Waziristan, région montagneuse tribale, où trois opérations militaires de moindre envergure menées depuis 2004 contre les insurgés s'étaient soldées par un échec.

Cette semaine, les avertissements contre de possibles attentats contre des écoles et des universités ont poussé nombre d'établissements à fermer leurs portes.

L'Université islamique, visée mardi, est située dans les faubourgs d'Islamabad. L'établissement accueille plus de 18.000 étudiants, dont près de la moitié de jeunes femmes, et des centaines d'étrangers. L'Université ne dispense pas qu'un enseignement islamique, la plupart des élèves étudiant dans des domaines tels que l'informatique, selon le Dr Siddiqui.

Le ministre de l'Intérieur Rehman Malik a annoncé que le double attentat avait entraîné la mort de quatre personnes et fait 18 blessés. Les deux kamikazes ont également été tués.

La double explosion intervient alors qu'environ 30.000 hommes sont engagés dans des combats depuis samedi contre 10.000 militants au Sud-Waziristan.

L'armée a annoncé mardi que les unités terrestres appuyées par l'aviation, progressaient sur trois fronts, mais se heurtaient à une solide résistance. Les affrontements faisaient rage dans les secteurs de Kaskai et Shisanwam.

Un journaliste de l'Associated Press proche de la zone des combats a rencontré un groupe de combattants talibans qui ont contesté les informations sur une avancée militaires, et affirmé avoir repoussé une attaque sur la localité stratégique de Kotkai. Des informations similaires ont été fournies par des responsables des renseignements qui ont requis l'anonymat.

Le bilan de quatre jours d'offensive s'élève désormais à 13 morts dans les rangs de l'armée, suite au décès de quatre nouveaux soldats. Du côté de l'insurrection, 12 hommes sont morts dans les derniers combats, portant le total à 90 militants tués depuis le début des opérations, toujours selon l'armée. Des chiffres quasiment impossibles à vérifier de source indépendante, l'accès à la région étant bloqué.

Du côté des civils, jusqu'à 200.000 personnes pourraient fuir le Sud-Waziristan dans les semaines à venir, selon les autorités qui ne s'attendent pas à devoir les accueillir dans des camps, la plupart ayant des proches dans la région. Dans un communiqué diffusé mardi, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) explique cependant avoir été informé par Islamabad de "la possibilité d'établir des camps" et d'une étude de la "faisabilité concernant plusieurs sites".

Précisant que des civils continuaient à fuir le Sud-Waziristan, le HCR souligne qu'il fournit notamment une aide concernant "l'enregistrement de nouveaux arrivants dans les districts voisins de Dera Ismail Khan et de Tank dans la province frontière du Nord-Ouest où quelque 32.000 personnes déplacées", enregistrées depuis le 13 octobre par les autorités locales, ont rejoint plus de 80.000 autres ayant fui depuis mai, portant le nombre total des déplacés enregistrés à plus de 112.000. AP

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