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Les Américains et les Iraniens s'activaient mardi à Vienne pour relancer des négociations au point mort, qui achoppent sur l'envoi de l'essentiel de l'uranium enrichi iranien à l'étranger -ce qui retarde de facto toute production éventuelle d'une arme nucléaire- mais ils refusent que la France soit directement impliquée dans le dossier, a-t-on appris de sources diplomatiques.
A la fin de la deuxième journée organisée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) entre l'Iran et les Etats-Unis, la Russie et la France, les pourparlers officiels à huis clos pour tenter de régler le contentieux n'avaient toujours pas repris et le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei tentait d'aplanir les divergences. Les discussions reprendront ce mercredi.
L'Iran a insisté pour que la France soit exclue de tout accord sur l'envoi à l'étranger de l'uranium enrichi iranien, afin de le transformer en combustible pour son réacteur de recherche nucléaire à Téhéran. Un diplomate, lui aussi anonyme, a laissé entendre que les pourparlers pourraient échouer si le problème n'était pas résolu.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a averti dans la soirée que ses partenaires et lui "ne reculeraient pas" sur l'exportation de l'essentiel de l'uranium enrichi iranien. Il a ajouté que Paris était prête à ne pas participer aux négociations formelles mais qu'elle ne ferait pas de compromis sur cette question controversée, qui doit être "réglée avant la fin de l'année".
L'Iran, qui détient 10% de la centrale nucléaire française Eurodif du Tricastin, est arrivée à la table des négociations en critiquant sévèrement le gouvernement français, qui refuserait de lui livrer de l'uranium enrichi. Areva a qualifié l'Iran de "partenaire dormant" dans Eurodif. La participation iranienne dans cette centrale, qui remonte à plus de 30 ans -avant la Révolution islamique- est depuis, régulièrement source de contentieux, malgré la signature d'accords postérieurs.
"Nous sommes présents à la réunion, nous participons", s'est contenté d'assurer le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Bernard Valero, interrogé sur ces informations. "Nous rappelons les vertus du dialogue", a-t-il ajouté lors du point de presse régulier du Quai d'Orsay à Paris. "Il faut discuter".
A Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères a toutefois minimisé le problème. "Il y a des problèmes annexes (...) avec la France", a-t-il dit à la presse. "Nous en parlerons quand le moment sera bon".
Alors que la réunion à Vienne semblait sur le point de reprendre, des diplomates ont fait état de discussions sur un possible compromis: la Russie signerait un accord avec Téhéran pour enrichir de l'uranium puis "sous-traiterait" à la France sa transformation en barres de combustible. Paris ne serait ainsi pas directement impliquée dans le processus, conformément au souhait iranien.
Mohamed ElBaradei avait estimé lundi que les négociations de Vienne avaient pris un "bon départ". Mais trois diplomates proches du dossier ont laissé entendre que peu de progrès ont été accomplis.
En acceptant d'envoyer à l'étranger la majeure partie de son uranium faiblement enrichi -au moins 1,2 tonne, soit jusqu'à 75% de son stock déclaré-, l'Iran apaiserait les craintes sur son programme nucléaire.
Téhéran est soupçonnée par les Occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'elle dément. On estime en général qu'une tonne d'uranium faiblement enrichi est nécessaire pour produire de l'uranium à usage militaire.
David Albright, de l'Institut pour la science et la sécurité internationale, basé à Washington, pense toutefois qu'un accord sur l'uranium iranien n'offrirait aux Occidentaux qu'un répit limité dans le temps. Selon lui, Téhéran pourrait remplacer les 1.200kg d'uranium faiblement enrichi en "un peu plus d'un an". AP
lma/nc/on/v755
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