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Le bilan de mi-mandat de Nicolas Sarkozy a donné lieu mercredi à une passe d'armes entre Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, et François Fillon, à l'occasion de la séance de questions au gouvernement. "Qu'avez-vous fait de vos promesses?" a lancé le socialiste. "Quand vous étiez au pouvoir, vous n'avez rien fait", a rétorqué le Premier ministre.
"Nous attendions l'augmentation de la feuille de paye, nous avons le maintien des niches fiscales et du bouclier fiscal", a asséné M. Ayrault dans l'hémicycle, alors que le chef de l'Etat arrivera à mi-mandat vendredi. "Nous attendions la fin d'un système financier indécent, mais tout a repris comme avant, c'est-à-dire le surendettement pour les uns contre les bonus pour les autres et le chômage en plus".
Le président du groupe PS à l'Assemblée a dénoncé "la volonté de privatiser La Poste, les franchises médicales, la taxation des accidentés du travail et l'appauvrissement des collectivités locales", mais aussi "les nominations dans l'audiovisuel public et la tentative avortée (du président, NDLR) de placer son propre fils à la tête de l'établissement public de La Défense". Il s'en est pris à l'"explosion" de la dette ou encore aux "charters pour l'Afghanistan", avant de questionner le Premier ministre sur le thème: "qu'avez-vous fait de vos promesses?".
"Nous ne sommes pas en 1983, nous n'allons pas changer de politique", a sèchement répondu M. Fillon dans une allusion au tournant de la rigueur opéré sous François Mitterrand. "En 2009, nous allons faire deux fois mieux que les autres pays européens en termes économiques", a-t-il souligné. "Même s'agissant du douloureux dossier du chômage (...) nous allons faire dix points de moins que les moyennes de la zone euro".
Le Premier ministre s'est lancé dans une énumération des réformes de "rupture" lancées par le gouvernement, citant "l'autonomie des universités", "la représentativité syndicale", "le revenu social d'activité", les "35 heures dont personne ne réclame plus la remise en oeuvre", "le Grenelle de l'environnement", "la carte judiciaire" ou "militaire", le "soutien aux créateurs menacés par utilisation frauduleuse des nouvelles technologies" (loi Hadopi).
"Les stocks-options existaient quand vous étiez au pouvoir, vous n'avez rien fait", a-t-il lancé aux socialistes, appliquant ce raisonnement aux "retraites-chapeau", "problèmes de régulation financière" et "paradis fiscaux".
"Cette politique de réformes va se poursuivre malgré les difficultés liées à la crise", a-t-il martelé. "J'invite la majorité à se mobiliser pour poursuivre notre action".
"Je ne confesse qu'un seul échec: nous n'avons pas réussi à remettre en mouvement le parti socialiste" a-t-il conclu ironiquement, sous les sifflets de l'opposition. AP
sc/cov/sb
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