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actu & culture


BERNE - mercredi 14 mai 2008 à 19h00

La concentration de gaz à effet de serre est la plus élevée depuis 800.000 ans



La concentration actuelle de gaz à effet de serre dans l'atmosphère dépasse de près de 30% les valeurs les plus élevées enregistrées au cours des 800.000 dernières années, selon une étude publiée par la revue scientifique "Nature", à laquelle ont participé des équipes des universités de Berne et de Grenoble.

Si, pour le dioxyde de carbone (CO2) les valeurs actuelles dépassent de plus de 28% les concentrations les plus élevées, l'augmentation de la concentration de méthane (CH4) a plus que doublé et atteint près de 125%, fait apparaître l'étude.

C'est à la station "Dome Concordia", en Antarctique, qu'ont été extraites des carottes de glace vieilles de près de 800.000 ans, à une profondeur de 3.270 mètres. Cette glace est la plus vieille examinée jusqu'ici. Les carottages, selon l'étude, présentent les traces de plus de huit cycles complets de glaciation.

L'air contenu dans les bulles de la glace a permis des mesures de concentration s'étendant sur près de 800.000 ans.

Les travaux ont été menés par le Centre Oeschger de climatologie de l'Université de Berne (Suisse) et le Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement de l'université de Grenoble (France).

L'étude confirme la relation étroite entre la concentration en CO2 et l'évolution de la température. La plus faible concentration en CO2 a été mesurée à une période qui s'est déroulée pendant quelques siècles il y a quelque 667.000 ans. Dans des glaces vieilles de 770.000 ans, les chercheurs suisses ont découvert des variations de concentrations de CO2 et de CH4 semblables à ce qui s'est produit au cours de la dernière glaciation, il y a quelque 40.000 ans.

D'après l'étude, une même dynamique climatique s'est développée il y a quelques dizaines de milliers d'années et quelques centaines de milliers d'années. Il est dès lors très vraisemblable, selon les chercheurs, que des variations rapides -les événements dits de Dansgaard-Oeschger- se soient produits déjà voilà 770.000 ans.

Le second volet de l'étude examine les concentrations de méthane tout au long des 800.000 ans fournis par les carottes de glace. Grâce à une résolution temporelle de 380 ans, il a été possible de suivre les oscillations naturelles durant de quelques siècles à près de 100.000 ans. Les oscillations produites par les variations de l'angle et de la direction de l'axe de la Terre sont nettement visibles au cours des dernières 400.000 années. Selon les climatologues, les moussons seraient devenues plus fortes sous les Tropiques.

Les gaz à effet de serre comme la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone et le méthane déterminent la température du globe en constituant une sorte de "vitrage". Les émissions de CO2 et de CH4 provenant d'activités humaines ont poussé les concentrations vers le haut, comme l'ont montré des mesures directes faites depuis un demi-siècle. AP

tl/S




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