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actu & culture


PARIS - dimanche 16 mars 2008 à 12h43

Six Nations: la France paie sa reconstruction au prix fort



La lourde défaite (29-12) du Quinze de France face à Galles en épilogue du Tournoi des Six Nations samedi à Cardiff a surtout montré l'ampleur du chantier de reconstruction ouvert par le nouvel encadrement tricolore.

Les Tricolores espéraient au moins s'imposer et priver les Gallois de Grand Chelem à défaut de gommer l'écart entre points marqués et encaissés, ce qui leur aurait permis de conserver leur titre au nez et à la barbe de leur hôte.

Pendant une heure, ils ont pu entretenir cet espoir grâce à leur défense et la précision de leur buteur alors qu'il était évident que l'attaque ne trouvait pas la faille. Après, il y eu l'essai de Shane Williams (61e), qui a libéré les Gallois et les a mis sur orbite pour un dixième Grand Chelem.

"On a été très courageux mais on n'a pas su trouver de solution face à une excellente défense galloise", a expliqué Marc Lièvremont, l'entraîneur tricolore. "Le match a basculé sur cet essai en contre de Shane Williams. Après, il s'en est suivi une longue descente aux enfers qui se termine sur un score que je trouve un peu lourd."

Au pays du charbon, les Français sont beaucoup allés à la mine sans trouver le filon. Car pour être un peu risquée, la défense inversée des Gallois a été totalement hermétique en coupant les ailes françaises. Les Anglais avaient employé la même stratégie pour infliger au Quinze de France la première de ses deux défaites dans la compétition cette saison (24-13).

Plutôt en progrès en conquête directe -touche et mêlée- l'équipe de Marc Lièvremont a eu énormément de munitions. Mais à les utiliser sans causer le moindre dégât sérieux à la forteresse galloise, les Bleus ont tant pioché dans leurs réserves physiques qu'ils ont craqué dans le dernier tiers de la partie.

"Nous avons eu une possession de balle sans doute supérieure à celle des Gallois. Il y avait longtemps qu'une équipe de France n'avait pas à ce point rivalisé avec une nation celte. Mais les Gallois ont su être patients et on les a laissés prendre le score", a poursuivi l'entraîneur français.

La France termine troisième de la compétition, derrière Galles et l'Angleterre, ce qui constitue son plus mauvais résultat depuis 2003. Elle honore ainsi la facture de la rupture avec l'ère Laporte. Contrairement à Galles, qui a pratiqué une politique conservatrice tout en s'appuyant sur l'ossature du club des Ospreys qui avait onze de ses joueurs sur la pelouse au coup d'envoi, la France a voulu proposer un nouveau style de jeu tout en se lançant dans une vaste revue d'effectifs tout au long du Tournoi.

Elle a notamment fait débuter 13 nouveaux joueurs en cinq rendez-vous. L'enthousiasme et l'opportunisme ont permis aux Bleus de remporter trois matches en Ecosse (27-6) face à l'Irlande (26-21) et à l'Italie (25-13). Ils n'ont pas masqué des difficultés à construire un jeu offensif cohérent surtout avec un pack loin d'assurer des conquêtes très propres.

Ces carences ont logiquement été mises en lumière face aux meilleures défenses du Tournoi. Celle de Galles, qui termine avec un record de deux essais encaissés, et de l'Angleterre.

Marc Lièvremont et ses deux adjoints -Emile Ntamack et Didier Retière- étaient bien conscients que leur équipe aurait du mal à construire des fondations avec beaucoup d'apprentis-maçons quand beaucoup de contremaîtres étaient laissés à la maison.

"Nous avons utilisé 34 joueurs sur l'ensemble du Tournoi. C'est vrai que la conséquence a été un certain manque de cohésion que nous assumons", a détaillé Lièvremont. "D'une certain manière nous avons mis en danger les joueurs par rapport à ce turn-over assez conséquent."

L'encadrement tricolore pourra poursuivre son tour d'horizon lors de la tournée de juin en Australie dont ne seront pas les demi-finalistes du championnat de France. Une dizaine de joueurs n'ayant pas participé au Tournoi pourraient être du voyage, selon Lièvremont. AP

xdes/petr




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