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actu & culture


LHASSA - samedi 21 juin 2008 à 13h41

JO: bref passage de la flamme olympique à Lhassa, trois mois après les émeutes



Initialement programmé sur trois jours, le parcours de la flamme olympique au Tibet s'est finalement déroulé samedi en trois heures et sous haute protection dans la capitale, Lhassa, trois mois après les émeutes sanglantes qui ont ébranlé la ville et leur répression qui avait provoqué un tollé sur la scène internationale.

Aucun incident n'a été signalé sur le parcours de 10 kilomètres bien balisé par les forces de sécurité, présentes par centaines. Symboliquement, le relais a débuté à l'ancienne résidence d'été du Dalaï Lama, le palais de Norbulingka, que le leader spirituel du Tibet avait dû quitter en 1959 pour son exil indien. Le parcours s'est achevé sur une vaste place au pied du palais de Potala, siège historique des souverains tibétains devenu un musée.

Les spectateurs, triés sur le volet, agitaient des drapeaux en scandant "Allez la Chine". Mais l'ambiance était bien plus calme que dans les autres points de passage du relais en Chine. Selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle, un peu moins de la moitié des 156 relayeurs étaient d'origine tibétaine.

Les quelques dizaines de journalistes étrangers qui ont pu obtenir une accréditation se sont vus confinés à un convoi très encadré. Ils n'ont été autorisés qu'à couvrir le premier et le dernier tronçon du parcours, les isolant totalement de la population locale.

Depuis les émeutes du mois de mars, qui ont fait 22 morts selon les autorités chinoises et plus de 100 selon le gouvernement tibétain en exil, Lhassa est interdite aux touristes étrangers. Samedi, les rues étaient quasi-désertes et les magasins fermés.

Les autorités chinoises accusent le Dalaï Lama d'avoir fomenté les émeutes, dont la répression sévère par Pékin a été fortement critiquée par la communauté internationale et a provoqué des manifestations qui ont fortement perturbé le passage de la flamme olympique à Londres, Paris et San Francisco, entre autres. Les autorités ont annoncé vendredi la condamnation de 12 personnes supplémentaires pour leur participation à une émeute le 14 mars, alors que 1.157 autres ont été relâchées pour des infractions mineures.

Alors que les autorités chinoises disent soupçonner la "clique" du Dalaï Lama de vouloir perpétrer des attentats-suicide lors des Jeux olympiques à Pékin en août, le Centre d'information pour les droits de l'Homme et la démocratie, une ONG hong-kongaise, a affirmé que 7.000 soldats chinois ont été déployés samedi le long de la voie ferrée menant à Lhassa suite à une alerte au sabotage. Selon l'ONG, ce chemin de fer a été attaqué 80 fois depuis son ouverture il y a deux ans.

Le leader tibétain a de son côté fait répéter des propos qu'il avait tenu récemment en Australie: "le Dalaï Lama a soutenu les Jeux de Pékin et pense que la Chine mérite d'organiser les Jeux. Puisque le relais au Tibet fait partie des Jeux, il a demandé au peuple tibétain de respecter l'événement", a déclaré samedi à l'Associated Press le porte-parole du gouvernement en exil, Thupten Samphal.

Selon les détracteurs du régime chinois, le relais à Lhassa est destiné à démontrer la domination de Pékin sur le territoire himalayen. De plus, a estimé Human Rights in China, une ONG basée à New York, cette étape fragilise les efforts visant à trouver une solution à long terme pour le Tibet, dont le Dalaï Lama revendique l'autonomie. Deux émissaires tibétains s'étaient rendus à Pékin en mai à l'invitation des autorités chinoises, mais aucune nouvelle rencontre n'a pour l'instant été programmée.

Pendant le passage du relais à Lhassa, la flamme olympique a été couplée à celle qui avait été transportée au sommet de l'Everest le mois dernier. Initialement prévue sur trois jours, l'étape tibétaine a été écourtée, officiellement pour permettre un passage de trois jours début août dans le Sichuan, dévasté par un séisme en mai qui a fait 70.000 morts. Après Lhassa samedi, la flamme prend le chemin de la province voisine du Qinghaï. AP

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