Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Après deux tests en Nouvelle-Zélande et un troisième en Australie, le Quinze de France quitte l'hémisphère Sud partagé entre l'idée de se sentir plus proche des nations sudistes et celle de rester encore éloigné de leur niveau.
En Nouvelle-Zélande les Tricolores ont signé un coup d'éclat lors de leur premier test à Dunedin en battant les All Black (27-22) ce qui ne s'était pas produit 15 ans. Leur courte défaite (10-14) une semaine plus tard a pu leur laisser penser qu'ils avaient réduit l'écart avec le pays hôte de la prochaine Coupe du monde.
Leur lourde défaite (6-22) face aux Australiens samedi à Sydney, et surtout leur sentiment d'impuissance devant les Wallabies, les a ramenés sur terre.
"Les Australiens sont probablement mieux organisés que les Néo-Zélandais. Ils ne font aucune erreur", a confié Marc Lièvremont, l'entraîneur tricolore après la rencontre. "Les Australiens sont mieux rentrés dans le match et toutes les petites insuffisances constatées face à la Nouvelle-Zélande se sont, cette fois, payées cash. L'Australie nous a ramené aux réalités de notre niveau actuel".
Comme à leur habitude, les Wallabies n'ont pas laissé le réalisme aux vestiaires. Impressionnants en défense, imposant un rythme soutenu en permanence, ils ont lentement mais méthodiquement fait plier les Bleus.
Certes les hommes de Robbie Deans n'ont inscrit qu'un essai, mais ils ont imposé une telle pression sur la défense tricolore que celle-ci s'est souvent mise à la faute offrant à l'ouvreur "aussie" Matt Giteau l'occasion de faire valoir à cinq reprises ses grands talents de buteur.
Après une victoire sur les Barbarians anglais et deux succès sur l'Italie, les Australiens attendaient ce rendez-vous pour s'étalonner de manière un plus précise avant de débuter les Tri Nations en Nouvelle-Zélande. Ils ont été satisfaits à l'instar de leur capitaine Stirling Mortlock.
"L'intensité est certainement montée d'un cran ce soir", a estimé le centre australien. "Peut-être que nous avons été notre pire ennemi. On a eu l'occasion de marquer plus de points et on l'a laissé passer. Mais c'est une bonne base avant de commencer les Tri-Nations".
Les Tricolores ont tenté mais leurs attaques ont constamment rebondi sur la défense adverse. Très souvent pénalisés en mêlée, ils n'ont pas pu se servir de ce point fort pour faire de bons lancements de jeu. Emoussés ils ont manqué de rythme et de spontanéité pour enchaîner et facilité le replacement défensif de leurs adversaires.
Lièvremont n'a pas caché que ses hommes manquaient de fraîcheur pour rivaliser dans ce dernier match avant les vacances.
"Nos joueurs ont été courageux mais peut-être qu'après deux gros matches en Nouvelle-Zélande et onze mois de compétition c'était le match de trop", a-t-il affirmé.
Lièvremont peut toutefois tirer des enseignements encourageants de ces quatre semaines de vie commune et d'entraînement quasi quotidiens. Des valeurs sûres comme Cédric Heymans, Damien Traille ou Dimitri Szarzewski ont conservé leur cote, des joueurs lancés par Lièvremont tels Fabien Barcella ou encore Fulgence Ouedraogo paraissent monter en puissance, Julien Dupuy qui vivait ses premières expériences tricolores et Maxime Mermoz se sont révélés. Promu capitaine en l'absence de Lionel Nallet, Thierry Dusautoir aura été exemplaire. Seul point vraiment noir : l'affaire Bastareaud, le mensonge sur une agression qui n'en était pas une.
"En battant la Nouvelle-Zélande, ce groupe a montré de la qualité, les joueurs ont appris et progressé durant cette tournée. Mon regret c'est que nous n'ayons pas joué le rugby que nous avions envie de faire... On doit encore grandir et gagner en expérience", a souligné Lièvremont.
Reste que le patron des Tricolores va devoir attendre quatre mois avant de retrouver ses hommes pour la tournée d'automne qui réserve deux affiches alléchantes face aux champions du monde sud-africains et aux All Blacks. AP
xdes/v94/jlc
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|